« ll doit réussir à mettre en place une organisation dans laquelle chacun partage avec les autres, il faut que chaque personne s’approprie d’une certaine manière le projet. Il faut valoriser les personnes. »

Pouvez-vous vous présenter, nous en dire plus sur votre parcours ?

Kader Chehida : En tant que joueur, j’ai commencé au Club Olympique de la Basse Seine aux Mureaux, ville dont je suis originaire de niveau régional. J’étais également éducateur pour l’école de foot.
Depuis tout jeune, j’avais un leadership naturel. J’ai donc rapidement décidé de m’orienter vers le coaching. A l’âge de 24 ans, j’ai repris l’équipe 1re des Mureaux et j’y suis resté pendant 2 ans avant de me diriger vers un club voisin, Chanteloup-les-Vignes, dans lequel je suis resté pendant 4 ans. Le club est passé du niveau excellence au niveau DHR.Parallèlement au football, j’étais directeur d’un centre social pour la mairie des Mureaux. Suite à mon travail satisfaisant, on m’a confié la direction du service jeunesse à la mairie et j’y suis resté pendant 15 ans environ.

En 2008, le maire de la ville des Mureaux a désiré que je revienne au club. Entretemps, le club avait changé de nom et était devenu l’Olympique Football Club Les Mureaux. Le projet avait été bâti sur 5 ans. Grâce à notre travail, l’équipe est passée du plus haut niveau départemental au plus haut niveau régional, la Division Honneur. De plus, un travail considérable sur les jeunes a été effectué. En effet, à l’issue des 5 années, toutes les équipes jeunes avaient atteint le plus haut niveau régional. Nous avions conclu un partenariat avec le Stade Malherbe de Caen. Chaque année, au moins 5-6 de nos jeunes joueurs rejoignaient des centres de formation d’équipes professionnelles. Certains ont même eu le bonheur de réaliser leur rêve et de devenir professionnel comme par exemple Abdoulaye Doucouré ou Mbaye Niang.
Suite à cette expérience enrichissante, j’ai décidé de prendre un peu de recul et je me suis rendu en Afrique

En 2014, Gérard Soler, que je connais de longue date, me demanda de le rejoindre a l’AS POISSY. J’y resterai pendant 3 années et y occuperai différents postes. La 1re année, j’étais chargé du recrutement pour la CFA2. Pour l’anecdote, nous finissons 1er devant Chartres et nous accédons à la CFA. La 2e année, s’ajoute à mon rôle de recruteur, celui de coordinateur de tout le pôle senior. Et enfin au cours de la 3e saison, je suis propulsé à la tête de l’équipe en binôme avec Ayache Guerrouache suite au départ de l’ancien entraîneur.
Finalement, après cette expérience, Gérard Soler me parle du C’Chartres Football et me demande de l’accompagner dans ce projet.

Qu’est-ce qui vous a convaincu que le projet du C’Chartres était le bon ?

Kader Chehida : Le Président Gérard Soler m’a convaincu que ce projet était le bon pour plusieurs raisons.
D’une part, j’ai évidemment la chance de travailler aux côtés d’un président qui vient du milieu professionnel. Il en connaît tous les rouages : il fait, il défait et il refait le football. Il est visionnaire et il a l’ambition de professionnaliser le club sur du long terme. Il n’en oublie pas, pour autant, la base que sont les jeunes. Certes le côté sportif est primordial mais il souhaite également axer le développement sur le côté social, éducatif et scolaire.
D’autre part, Chartres est une ville que je ne connaissais qu’à travers sa cathédrale et l’ODYSEE, complexe dans lequel je venais de temps à autre l’été pour profiter du parc aquatique. J’ai donc pris le temps de m’intéresser plus précisément à la politique sportive de la ville. Je me suis très vite rendu compte du très bon niveau de nombreuses disciplines (handball, basketball, tennis de table).
J’ai rapidement ressenti que la volonté politique était de développer quelque chose dans le football.

Quel est votre rôle au quotidien en tant que manager général ?

Kader Chehida : Dans le cadre de la fusion, mon rôle au quotidien est de faire l’interface entre la gouvernance du club, donc le côté administratif, et le côté sportif. J’essaie de créer des liens, de mettre en place des passerelles afin qu’il n’y ait pas de problème en terme de communication.
Dans un premier temps, mon rôle consiste à mettre en place une organisation cohérente sur le plan sportif. Il faut que l’on arrive à passer cette année de transition sans trop d’encombres.
De plus, je découvre la ville, le club, les mentalités. D’une certaine manière, je mène mon propre audit afin de cibler les choses positives et les éléments à améliorer. J’essaie de passer un maximum de temps sur le terrain auprès des différents éducateurs afin de les accompagner, de me rendre compte des besoins et tâcher d’y répondre au mieux.

Selon vous, quelle est la qualité principale d’un bon manager général ?

Kader Chehida : Un bon manager c’est quelqu’un qui a réussi grâce à son travail à ne plus être indispensable.
Dans un premier temps, il doit être bon dans la gestion humaine, le relationnel, c’est un atout très important dans le management.
Ensuite, il doit réussir à mettre en place une organisation dans laquelle chacun partage avec les autres, il faut que chaque personne s’approprie d’une certaine manière le projet. Il faut valoriser les personnes.
C’est ce que l’on essaye de faire au sein du C’Chartres Football.